Basilic et persil : le duo à planter en avril pour parfumer tous vos plats de l’été

Basilic et persil : le duo à planter en avril pour parfumer tous vos plats de l'été
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Le mois d’avril marque le vrai retour du jardinage, celui où l’on sort les bacs, où l’on retourne la terre et où l’on commence à penser aux repas de l’été.

Parmi toutes les plantes aromatiques que l’on peut semer ou repiquer à cette période, deux se distinguent par leur complémentarité, leur facilité de culture et leur utilité en cuisine : le basilic et le persil.

L’un est solaire, généreux, parfumé jusqu’à l’excès.

L’autre est discret, résistant, présent dans presque toutes les cuisines du monde.

Ensemble, ils forment un binôme redoutablement efficace que tout jardinier amateur ou cuisinier passionné devrait avoir sous la main dès les premiers beaux jours.

Pourquoi avril est le bon moment pour planter ces deux aromatiques

Ni trop tôt, ni trop tard. Avril représente cette fenêtre idéale où les températures commencent à se stabiliser au-dessus de 10°C la nuit, condition minimale pour que le basilic accepte de pousser sans souffrir. Le persil, lui, tolère des températures plus fraîches, mais il profite lui aussi des journées qui s’allongent pour démarrer avec vigueur.

En dessous de 10°C, le basilic marque le pas, ses feuilles jaunissent et la plante s’affaiblit rapidement. C’est pourquoi les semis effectués trop tôt en mars, sans protection, donnent souvent des résultats décevants. En avril, les conditions sont réunies pour un démarrage solide, surtout dans les régions au sud de la Loire. Dans le nord de la France, mieux vaut attendre la mi-avril, voire commencer à l’intérieur sur un rebord de fenêtre bien exposé.

Le persil, de son côté, est moins capricieux. Il peut être semé dès le début du mois, directement en pleine terre, et il lèvera dans les deux à trois semaines qui suivent. Sa germination est lente mais régulière, et une fois installé, il se montre particulièrement robuste.

Le basilic : la plante star des jardins et des cuisines estivales

Une plante qui demande du soleil avant tout

Le basilic commun (Ocimum basilicum) est originaire d’Asie tropicale et d’Afrique. Il a besoin de chaleur, de lumière et d’un sol bien drainé pour s’épanouir. Un emplacement exposé au sud ou au sud-ouest, à l’abri du vent, lui convient parfaitement. En pot sur un balcon ou en pleine terre dans un jardin, il s’adapte à condition de recevoir au minimum six heures de soleil par jour.

Le sol doit être léger, fertile et ne pas retenir l’eau en excès. Un mélange de terreau et de sable convient très bien pour une culture en bac. En pleine terre, pensez à amender le sol avec du compost avant la plantation si votre terre est lourde ou argileuse.

Comment planter le basilic en avril

Deux options s’offrent à vous en avril :

  • Le semis direct : semez les graines en surface, sans les enterrer, car elles ont besoin de lumière pour germer. Recouvrez légèrement avec un peu de terreau et maintenez le sol humide. La levée intervient généralement en 8 à 15 jours selon la température.
  • Le repiquage de plants : si vous achetez des plants en jardinerie, attendez que les températures nocturnes soient stables avant de les mettre en place. Espacez les plants d’environ 20 à 30 cm pour leur laisser de l’espace.

Une astuce connue des jardiniers expérimentés : achetez un pot de basilic en supermarché, divisez-le en plusieurs touffes et repiquez chaque touffe séparément. Ces plants, bien que fragiles au départ, reprennent rapidement et donnent de belles plantes pour un coût très réduit.

L’entretien du basilic tout l’été

Le basilic réclame peu d’attention mais quelques gestes réguliers font toute la différence. Le premier d’entre eux est le pincement des tiges florales. Dès que la plante cherche à monter en fleur, coupez les sommités. Cette opération, à répéter tout l’été, force la plante à produire de nouvelles feuilles et prolonge la récolte de plusieurs semaines.

L’arrosage doit être régulier mais pas excessif. Le basilic déteste avoir les racines dans l’eau. En période de forte chaleur, un arrosage tous les deux jours au pied de la plante suffit généralement. Évitez d’arroser le feuillage, surtout le soir, pour limiter les risques de maladies fongiques.

Le basilic en cuisine : bien plus qu’un simple condiment

Le basilic est l’un des aromates les plus polyvalents de la cuisine méditerranéenne. Ses feuilles fraîches relèvent une simple salade de tomates, entrent dans la composition du pesto alla genovese ou parfument une soupe de courgettes. Il s’associe naturellement avec l’ail, l’huile d’olive, la mozzarella et les tomates.

Pour conserver ses arômes, il ne faut jamais le cuire longtemps. Ajoutez-le toujours en fin de cuisson ou directement dans l’assiette. La chaleur excessive détruit ses huiles essentielles et lui fait perdre tout son intérêt gustatif.

Il existe aussi d’autres variétés intéressantes à cultiver :

  • Le basilic thaï, aux notes anisées, idéal pour les plats asiatiques
  • Le basilic citron, qui apporte une touche fraîche et acidulée
  • Le basilic pourpre, décoratif et légèrement poivré

Le persil : l’aromatique indispensable que l’on oublie trop souvent de planter

Une plante bisannuelle aux multiples usages

Le persil (Petroselinum crispum) appartient à la famille des Apiacées, comme la carotte ou le fenouil. C’est une plante bisannuelle, ce qui signifie qu’elle produit des feuilles la première année et monte en graines la deuxième. Pour une récolte continue, il suffit de semer chaque année au printemps.

Il en existe deux grandes variétés :

  • Le persil frisé, au feuillage décoratif et au goût plus doux
  • Le persil plat ou persil italien, aux feuilles lisses et à la saveur plus prononcée, préféré des cuisiniers professionnels

Comment semer le persil en avril

Le persil se sème directement en pleine terre ou en pot, en rangs espacés de 25 cm. Les graines sont semées à faible profondeur, environ 1 cm, et recouvertes légèrement de terre fine. La germination est lente : il faut compter entre 15 et 25 jours, parfois davantage si les températures restent fraîches.

Une technique ancienne consiste à faire tremper les graines dans de l’eau tiède pendant 24 heures avant le semis. Cette pratique accélère la germination en ramollissant le tégument de la graine. Elle ne garantit pas un résultat spectaculaire, mais elle peut faire gagner quelques jours.

Le persil apprécie un sol riche, frais et bien travaillé. Contrairement au basilic, il tolère une exposition mi-ombre, ce qui en fait une plante idéale pour les espaces moins ensoleillés du jardin ou du balcon.

L’entretien du persil : presque rien à faire

Une fois installé, le persil demande très peu de soins. Un arrosage régulier en période sèche, quelques désherbages pour éviter la concurrence des mauvaises herbes, et c’est à peu près tout. Si la plante monte en graines lors de sa deuxième année, laissez-la faire : elle ressèmera d’elle-même et vous aurez de nouveaux plants sans effort.

Le persil en cuisine : un aromate universel

Le persil est présent dans les cuisines de presque tous les pays. Il entre dans la composition du taboulé, de la gremolata italienne, de la chermoula marocaine ou simplement dans un beurre maître d’hôtel. Haché finement sur des pommes de terre vapeur, mélangé à de l’ail dans une persillade, ou incorporé à une vinaigrette, il apporte fraîcheur et couleur à tous les plats.

Contrairement au basilic, le persil supporte mieux la cuisson. Il peut être ajouté en début de préparation dans un bouillon ou une sauce sans perdre complètement ses qualités. Ses tiges, souvent jetées à tort, sont tout aussi parfumées que ses feuilles et peuvent servir à aromatiser des bouillons maison.

Associer basilic et persil au jardin : une bonne idée ?

Planter ces deux aromatiques côte à côte est tout à fait possible, à condition de respecter leurs besoins respectifs. Le basilic réclame plus de chaleur et de soleil que le persil. Si vous les cultivez en pleine terre, placez le basilic à l’endroit le plus ensoleillé et le persil légèrement en retrait ou à mi-ombre.

En pot, vous pouvez les cultiver dans deux contenants séparés placés sur le même balcon ou la même terrasse. Évitez de les mettre dans le même bac : leurs besoins en eau sont légèrement différents et la cohabitation peut nuire à l’un ou à l’autre.

Du côté des associations bénéfiques au jardin, le basilic est réputé pour éloigner certains insectes nuisibles comme les pucerons et les aleurodes. Planté à proximité des tomates, il est souvent cité comme un compagnon favorable, même si les preuves scientifiques sur ce sujet restent limitées. Le persil, lui, attire les insectes auxiliaires grâce à ses fleurs en ombelles lors de sa deuxième année de végétation.

Récolter et conserver ces deux aromatiques tout l’été

La récolte du basilic se fait au fur et à mesure des besoins, en coupant les tiges au-dessus d’une paire de feuilles pour stimuler la ramification. Ne prélevez jamais plus du tiers de la plante en une seule fois.

Pour le persil, coupez les tiges extérieures à la base, en laissant le cœur de la plante intact. Cette méthode favorise une repousse continue tout au long de la saison.

Si vous vous retrouvez avec une abondance de feuilles, plusieurs solutions de conservation s’offrent à vous :

  1. La congélation : hachez les feuilles, répartissez-les dans des bacs à glaçons avec un peu d’eau ou d’huile d’olive, et congelez. Vous aurez des portions prêtes à l’emploi tout l’hiver.
  2. Le pesto : mixez le basilic avec de l’ail, des pignons, du parmesan et de l’huile d’olive. Le pesto se conserve plusieurs semaines au réfrigérateur sous une fine couche d’huile.
  3. Le séchage : plus adapté au persil qu’au basilic, qui perd beaucoup de son arôme en séchant. Suspendez les tiges en bouquets dans un endroit sec et aéré.
  4. L’huile aromatisée : faites infuser des feuilles de basilic dans de l’huile d’olive pour obtenir une huile parfumée à utiliser sur des bruschette ou des pâtes.

Planter basilic et persil en avril, c’est s’assurer des mois de cuisine généreuse, de plats parfumés et de récoltes régulières sans avoir à dépenser chaque semaine en herbes fraîches au marché. Deux plantes, quelques gestes simples, et toute une saison de saveurs en perspective.

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